Nous soutenir
Actualité

Chronique – Des forêts nourricières pour verdir la ville!

Chronique – Des forêts nourricières pour verdir la ville!

Imaginez cet été, chez vous, en ville. Vous sortez prendre une marche, pour prendre l’air ou aller faire des courses. Sur votre chemin, à quelques pas de là, un terrain que vous traversez et… une forêt regorgeant de fruits, légumes et herbes aromatiques. Vous croisez des arbres portant pommes et poires, des framboisiers, noisetiers. Plus loin, un tapis de fleurs, plantes sauvages et légumes vivaces couvrent le sol. En y pénétrant, vous êtes frappés par la magnificence des lieux, la fraicheur, l’abondance qu’on y retrouve et l’air qu’on y respire.
Eh bien, vous y êtes … dans une forêt nourricière … peut-être au coin de chez vous ! Une forêt nourricière publique, collective ou communautaire pour le bénéfice de la ville et de ses citoyens!
La forêt nourricière est un écosystème que l’on établit en s’inspirant des processus naturels qui ont cours dans les milieux forestiers. On y implante une grande diversité de végétaux qui produiront, pour la plupart, des denrées comestibles et qui rendront aussi d’autres services. Par l’interaction qu’ils ont entre eux et avec les organismes du sol, ces végétaux améliorent la santé et la productivité du milieu.
Tout comme dans une forêt, on y retrouve plusieurs étages de végétaux, la plus élevée étant la canopée formée par les grands arbres. Les arbres fruitiers standards, les arbres à noix, certains fixateurs d’azotes, les érables, les tilleuls ou autre feuillus peuvent constituer une canopée. Ils offrent l’ombre et réduisent les îlots de chaleur. Ils filtrent les poussières de l’air. Ils réduisent les bruits et offre une protection contre les grands vents. Leur important système racinaire traite et favorise l’infiltration dans le sol de l’eau de ruissellement lors des fortes pluies et permet de ramener cette eau en surface lors des épisodes de sécheresse. Leurs feuilles à l’automne enrichissent le sol. Ils offrent un habitat pour les oiseaux.
Plus bas, des arbres de plus petits calibres, comme les fruitiers nains ou semi-nains, les noisetiers. Puis les arbustes, qui peuvent aussi servir de haies, sont des sources de fleurs, de petits fruits et d’abri pour les insectes utiles.
Puis figurent les plantes herbacées, légumes vivaces et certains légumes-racines qui contribuent à améliorer la structure du sol et à rendre disponibles pour leurs compagnes des minéraux qu’elles y ont puisés.
De concert avec l’humus et la litière, des plantes couvre-sol de fines herbes, plantes aromatiques, de fraises… Ce paillis naturel nourrit et protège le sol de la sécheresse et de l’érosion de même qu’il prévient l’envahissement par les plantes indésirables.
Enfin, les plantes grimpantes offrent leurs fruits savoureux comme les raisins et kiwis rustiques. Chaque plante a son utilité : tantôt nutritive, tantôt attractive pour les pollinisateurs, fixatrice d’azote ou encore répulsive aux ravageurs ou maladies, toutes participent à l’équilibre du milieu. La culture de champignons, de plantes aquatiques ainsi que les ruches ont également leur place dans une forêt nourricière. Ainsi se crée la vitalité observée, gage de résilience en cas de perturbation.
La forêt nourricière constitue un atout majeur en milieu urbain. Outre l’abondance de produits comestibles pour la population, la forêt nourricière transforme le paysage et améliore la qualité de vie du milieu. En permettant de séquestrer plus de carbone dans le sol, elle participe aussi à la diminution des gaz à effet de serre. Et si l’espace est restreint, qu’à cela ne tienne, le principe des étages peut s’appliquer autour d’un seul arbre ou de quelques arbustes!
Ainsi une multitude de sites urbains de la région métropolitaine de Québec pourraient accueillir une forêt nourricière, créée par et pour les citoyens! Tous ces milieux pourraient former une merveilleuse toile verte aux multiples fonctions, favorisant la biodiversité, l’interconnexion avec les milieux naturels, tout en nourrissant les citoyens. La Ville profiterait même de leurs retombées économiques sur la santé des gens, la qualité de l’air, les eaux de ruissellement et la valeur du milieu.
Si l’idée vous fait rêver, pourquoi ne pas passer à l’action dans votre quartier?! Identifiez un site, sollicitez vos voisins et le tour est joué…ou presque! L’accessibilité au terrain, l’accès à des végétaux, à des connaissances horticoles ou en design, etc. sont aussi des éléments importants qui mèneront au succès. Et c’est la raison pour laquelle le groupe-citoyen Au coin de ma rue, une forêt qui nourrit veut offrir support et réseautage pour toute initiative communautaire! Pour vous joindre au mouvement, vous pouvez suivre le groupe et le contacter sur facebook, ou sur le site internet www.potagerforestierqc.org.
Au plaisir de verdir et de nourrir Québec cet été avec vous!

Caroline Dufour-L’Arrivée, agr. biol. M.Sc.
Avec la collaboration de Sophie Grignon et Pierre Charpentier
Membres fondateurs de Au coin de ma rue, une forêt qui nourrit

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailFacebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Étiquettes: