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Actualité

Ondes électromagnétiques et technologie du sans-fil : quelques éléments de réflexion

Depuis peu, un comité ondes électromagnétiques s’active aux ATQ contre le déploiement des nouveaux compteurs « intelligents » d’Hydro Québec. Ceux-ci suscitent bien des questionnements et réactions, comme nous l’avons constaté lors de nos communications sur le sujet.

Outre la problématique des compteurs nouvelle génération, nous voudrions par cet article apporter une modeste contribution, avec quelques éléments de réflexion sur notre utilisation actuelle de la technologie du sans-fil, et au débat qui a cours sur la pollution électromagnétique ou électrosmog. Soyons bien clair, en aucun cas, nous ne prônons l’abolition de la technologie du sans-fil. Elle fait aujourd’hui partie intégrante de nos vies, et offre bien des commodités. Notre réflexion porte sur l’encadrement réglementaire actuel du sans-fil et de son innocuité sur la santé humaine.

Mise en contexte

«Les niveaux moyens de densité des radiofréquences ambiants ont été multipliés par mille milliards (1 000 000 000 000) de fois dans les zones urbaines au cours des cent dernières années, et la majorité de cette hausse s’est produite au cours des 20 dernières années. » (Alasdair Philips expert britannique mondial et fondateur de Powerwatch.org.uk.) Les abeilles, les fourmis, et les oiseaux l’ont bien compris, et s’enfuient lorsqu’ils y sont exposés. D’ailleurs, vous aurez peut-être remarqué que l’on ne voit jamais d’oiseaux posés sur une antenne relais, alors qu’ils se posent sur les câbles électriques.

Les faits

Le 23 mars 2009 à Paris, lors du colloque « Technologie sans fil, un nouvel enjeu sanitaire » plusieurs éminents professeurs en matière de recherche sur les liens entre champs électromagnétiques et santé ont émis une sérieuse mise en garde. Ces scientifiques de renommée ont lancé un appel solennel afin de mettre en garde les pouvoirs publics contre l’utilisation sans limitation des technologies sans fil. Ce groupe de scientifiques réunissaient: le Pr Dominique Belpomme (France), professeur en cancérologie à l’université Paris-Descartes (Paris V), membre de plusieurs sociétés savantes internationales et président de l’Association pour la Recherche Thérapeutique Anti Cancéreuse (ARTAC). Le Pr Lennart Hardell (Suède), professeur en oncologie et cancérologie à l’Université Hosital d’Örebro. Le Pr Franz Adelkofer (Allemagne), coordinateur du projet de recherche REFLEX. Le Pr Pierre Le Ruz, docteur en physiologie animale et président du conseil scientifique du Centre de Recherche et d’Information Indépendant sur les Rayonnements ElectroMagnétiques (CRIIIREM).

Depuis 2009, les prises de positions formelles des scientifiques à l’égard des risques sanitaires imputés aux champs électromagnétiques n’ont cessé de croître, tout comme le nombre de cas répertoriés de personnes atteintes du « Syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques » (SICEM) dans le monde.

Dans le même ordre d’idée, en 2011 le Conseil européen, dans sa Résolution 1815 « Le danger potentiel des champs électromagnétiques et leur effet sur l’environnement », a noté ce qui suit : « Le principe de précaution devrait s’appliquer lorsque l’évaluation scientifique ne permet pas de déterminer le risque avec suffisamment de certitude. D’autant que, compte tenu de l’exposition croissante des populations – notamment des groupes les plus vulnérables comme les jeunes et les enfants -, le coût économique et humain de l’inaction pourrait être très élevé si les avertissements précoces étaient négligés. »  La résolution poursuit plus loin en recommandant « de privilégier pour les enfants en général, et plus particulièrement dans les écoles et salles de classe, des systèmes d’accès à l’internet par connexion filaire et de réglementer de façon stricte l’utilisation du portable par les élèves dans l’enceinte de l’école.

Les rapports de 2007 et 2012 du groupe de recherche international BioInitiative composé de 29 scientifiques et médecins de 10 pays industrialisés1, ont réalisé une méta-analyse2 basée sur 1800 nouvelles études dressant ainsi un état complet des connaissances de l’effet sur l’homme ou les organismes vivants, des rayonnements non ionisants, micro-ondes et des champs électromagnétiques (CEM). On parle de stress cellulaire, géno-toxicité et problèmes sur l’ADN, risques de tumeurs au cerveau ou de leucémies, troubles du comportement et neurologiques etc… voir le résumé sur le lien suivant : http://www.priartem.fr/Conclusions-du-rapport.html.

Enfin, autre élément qui porte à réflexion sur l’innocuité de la technologie du sans fil. Depuis 2010, les grands groupes de réassurance mondiale (l’assurance des sociétés d’assurances), tels que la Lloyds, Suisse de Ré, Allianz n’assurent plus les risques sanitaires liés aux ondes électromagnétiques. Ainsi, les compagnies d’assurances ont récemment exclu des contrats responsabilité civile professionnels  » les risques de toute nature liés aux ondes et aux champs électromagnétiques « , et sont même allées jusqu’à faire un parallèle avec l’amiante.

Qu’en est-il au Canada?

Ici, les lobbys dans le domaine du sans fil sont puissants et ne dénoncent pas une législation obsolète qu’est le code 6 de Santé Canada. Le code 6 régit les normes d’exposition en ne tenant compte que des effets thermiques des micro-ondes sur les tissus vivants, et absolument pas des effets non thermiques (athermiques), biologiques et physiologiques. Actuellement, la Chine, la Russie, l’Italie et la Suisse ont de meilleures normes de sécurité concernant la radiation sans fil que le Canada, nous avons les pires normes au monde avec le Japon, et les États-Unis. Pour Franck Legg, ancien président de Microsoft Canada et Microsoft Central US, il compare le sans fil au tabac:  » J’en ai conclu que les méthodes de Santé Canada sont dépassées et que ses normes de sécurité en matière d’exposition aux radiofréquences sont trop faibles pour protéger les Canadiens. La Chine a des limites qui sont 100 fois plus strictes que les nôtres. Je crains que nous sommes dans une situation comparable à celle du tabac où Santé Canada arrivera plusieurs années trop tard pour prendre les mesures appropriées. » (…) http://www.alerte.ch/fr/activit%C3%A9s/agir/127-lancien-president-de-microsoft-canada-compare-le-sans-fil-au-tabac.html

Le Pr Paul Héroux, physicien à la tête du « In Vitro Toxicology Laboratory » de l’Université McGill, ajoute que l’Institut de recherche sur le cancer de Lyon – l’autorité mondiale sur le cancer – soupçonne que les ondes magnétiques de basses fréquences et les ondes électromagnétiques de hautes fréquences donnent toutes deux le cancer. « Les meilleurs experts de la planète nous le disent et ce n’est pas compatible avec le code 6 de Santé Canada, qui nous assure qu’il n’y a aucun problème »(…)3 . Pour le Pr Héroux, il faut faire connaître les mesures adoptées en Europe, pour protéger les enfants, en particulier, qui sont une population plus sensible, et donc qui seraient vulnérables aux niveaux d’exposition énoncé par le Code de sécurité 6 de Santé Canada.

Hydro-Québec et les compteurs nouvelle génération

Le principal problème de ces compteurs c’est qu’ils émettent des ondes pulsées et non des ondes constantes, et c’est là que réside toute la différence!!!

Dans la vie quotidienne, la plupart des appareils électriques dont on se sert, ou tout ce qui a du courant branché sur une source d’électricité, émet une certaine quantité d’ondes électromagnétiques, mais ces appareils ne fonctionnement pas avec un principe d’ondes électromagnétiques pulsées. De plus, nous pouvons les débrancher au moment de notre choix….. Alors que les compteurs intelligents pulsent leurs ondes au moins toutes les 20 secondes approximativement (au minimum), et ce, 24 heures sur 24… 365 jours par an.

Selon le maître électricien Jean-Claude Morin, la technologie à ondes pulsées, utilisée par les nouveaux appareils, peut être très nocive pour la santé de certaines personnes, dont celles électro-sensibles. « Ces nouveaux appareils peuvent émettre jusqu’à 500 000 microwatts au mètre carré quand on se trouve à 30 centimètres du compteur. Ces ondes pulsées peuvent aller jusqu’à 3 kilomètres. Ce sont des ondes de haute puissance qui traversent les matériaux et le corps. Les effets pathogènes sont nombreux. On peut parler de nausées, migraines, étourdissements, pertes de concentration, acouphènes et troubles cardiaques, entre autres. » résume l’électricien.

Cette fréquence d’émissions augmentera en fonction de la position qu’il occupe dans la chaîne de transmission des données (puisque les compteurs communiquent entre eux) et qu’ils transmettent à un modem puis à une antenne relais, pour ensuite transférer toujours avec la même technologie d’ondes pulsées vers les différents destinataires du réseau et des sous-traitants d’Hydro-Québec.
Et la facturation ?

Depuis 2012, suite à l’installation des nouveaux compteurs dans les régions de Montréal, Montérégie et Basse-Laurentides, bon nombre de personnes ont noté une augmentation sensible de leur facturation avoisinant 15 % à 30 %. Pourquoi? Car Hydro Québec a changé son mode de facturation. Au lieu de calculer le montant de la consommation sur la totalité du nombre de jours de la période facturée (environ 2 mois), Hydro comptabilisera la consommation jour après jour. Si vous n’avez pas consommé la totalité de vos 30 kw/h à tarif réduit 5,57 ¢/kw dans une journée, la différence ne pourra pas être reportée sur une journée ultérieure pour amortir une consommation dépassant les 30 kw/h, et vous devrez payer le tarif de 8,26 ¢/kw pour tout ce qui dépasse les 30 kw de base.

Pour conclure

Peut-on consciemment rester sourd aux mises en garde d’un nombre grandissant d’experts scientifiques et médicaux à l’échelle internationale qui dénoncent les effets débilitants des micro-ondes et des champs électromagnétiques?

Sans attendre l’action des pouvoirs publics, il est souhaitable au quotidien de prendre quelques mesures pour limiter notre exposition aux champs électromagnétiques, qui dans certaines grandes villes peut être quasi constant. Pour plus d’informations : Lévisrefuselescompteurs https://levisrefuselescompteurs.wordpress.com/, Coalition québécoise de lutte contre la pollution électromagnétique http://www.cqlpe.ca/

Erratum : lors de notre dernier envoi courriel sur les compteurs intelligents, nous avons omis de mentionner que les 900 000 compteurs de premières générations qui ont été installés au Québec sont des compteurs ÉMETTANTS. Ce type de compteur est  »non communiquant », c’est à dire qu’il ne communique pas avec les autres compteurs à proximité, mais cela ne l’empêche pas d’émettre presque continuellement des ondes électromagnétiques suffisamment puissantes pour permettre un relevé du compteur à distance.

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