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Nature et Science au Front

Nature et Science au Front

Alors que nous nous apprenons que 2014 est l’année la plus chaude jamais enregistrée, la prestigieuse revue Nature affirme que le Canada doit absolument laisser plus de 85 % de ses ressources pétrolières connues dans le sol s’il veut aider l’humanité à éviter la catastrophe climatique qui s’annonce.

Globalement, c’est un tiers des réserves pétrolières mondiales, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 % du charbon qui devront rester sous terre, soulignent les auteurs de cette étude intitulée Quelle quantité d’énergies fossiles pouvons-nous exploiter ?. Ces « contributions » à la lutte contre les changements climatiques, si elles se concrétisaient, permettraient de respecter les limites fixées par la science, soit une hausse mondiale de 2 °C d’ici la fin du siècle, par rapport à l’ère pré-industrielle.

L’ironie, c’est qu’une grande étude publiée quelques jours plus tards dans la revue Science estime que l’objectif des deux degrés de réchauffement, fixé par la communauté internationale comme limite à ne pas dépasser, « représenterait déjà, même s’il était atteint, des risques significatifs pour les sociétés humaines partout sur Terre ». Le journal Le Monde résume et titreLa planète a atteint ses limites.
Cette étude de Science – si importante qu’elle sera par la suite présentée au Forum de Davos!?! Ha Ha ! – estime également que

  • la diversité du vivant s’éroder à un rythme 10 à 100 fois supérieur à ce qui est soutenable pour la biosphère,
  • Étroitement lié à la perte de biodiversité, le changement rapide d’usage des sols est, lui aussi, globalement hors limite. Les chercheurs estiment ainsi qu’il faudrait conserver 75 % de couvert forestier dans les zones auparavant forestières ; au niveau mondial, le taux moyen actuel est estimé à tout juste un peu plus de 60 %. Fait à noter : alors que le Brésil demeure dans la zone de sécurité, l’Afrique équatoriale, et l’Asie du sud sont largement au delà du seuil de 75 %…
  • La quatrième limite franchie est la perturbation des cycles de l’azote et du phosphore qui assurent la fertilité des sols agricoles. Ces perturbations sont principalement causées par l’utilisation excessive d’engrais et la mauvaise gestion des effluents des exploitations animales. Il est à noter que les phosphates naturels , qui servent à produire les engrais phosphatés(nous en avons déjà parlé sur la présente page), ont été recensés en 2014 par la Commission européenne comme faisant partie des 20 matières premières critiques, et c’est la seule qui concerne directement les questions de sécurité alimentaire.
  • Quant à la quantité d’« entités nouvelles » (molécules de synthèse, nano-particules, etc.) que le système-Terre est capable d’absorber sans dommage, les chercheurs s’avouent incapables de définir une limite.

À lire également et paru le même jour ( 15 janvier 2015) dans Le Monde : L’Homme a fait entrer la Terre dans une nouvelle époque géologique.

  • On s’y questionne sur l’évènement qui a fait entrer l’humanité dans l’anthropocène : la sédentarisation? l’industrialisation? L’utilisation du nucléaire? La fin de la deuxième grande guerre et l’accélération qui l’a suivi?
  • On y rappelle que tous les peuples n’ont pas la même responsabilité dans cet état de fait : la part du lion de la consommation de biens reste celle des pays de l’OCDE, qui possédaient en 2010 près des trois quarts de la richesse mondiale (somme des produits intérieurs bruts), alors qu’ils ne totalisaient que 18 % de la population.
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