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Les changements climatiques et la justice environnementale

On ne peut aborder la question des changements climatiques sans parler de justice environnementale.

Dans un premier temps, voyons ce que l’on entend par justice environnementale. Selon Madame Catherine Larrere, professeure de philosophie politique et éthique appliquée à l’Université Paris- I, Sorbonne : « La question de la justice environnementale concerne les inégalités dans la distribution, ou la répartition, des problèmes environnementaux, que ce soit à l’intérieur d’un pays ou entre les différentes nations. Une telle inégalité devrait avoir pour conséquence que les groupes sociaux ou les nations les plus défavorisés aient particulièrement à coeur de résoudre les problèmes environnementaux en s’engageant activement dans cette voie. Or c’est plutôt le contraire qui se produit. Le souci environnemental est souvent dénoncé, par les plus défavorisés ou par leurs représentants, comme une préoccupation des pays riches et non des pays les plus pauvres qui ne peuvent assurer les besoins essentiels (eau, nourriture, etc.) de leurs populations. Dans le cadre des changements climatiques, lorsque l’on parle de justice environnementale, on tente de faire le lien entre l’exposition des individus à des conditions environnementales pouvant leur causer un risque (aux individus) et l’inégalité selon leur niveau socioéconomique. L’idée de justice environnementale s’inscrit dans une perspective spatiale et dans une distribution inégale des risques et des bénéfices. »

 Dans un deuxième temps, toujours selon Madame Larrère, on définit par discrimination environnementale, une action intentionnelle ou non intentionnelle d’isoler, de séparer, d’exploiter et d’exposer a des risques environnementaux élevés et déraisonnables des membres d’un groupe ou d’une minorité sur la base d’une caractéristique partagée. On fait ici référence à des caractéristiques comme l’origine ethnique, le niveau économique ou simplement, le manque d’information ou l’exclusion des prises de décisions les concernant. Les interrelations entre les inégalités sociales et les inégalités environnementales marquent de plus en plus les recherches scientifiques et les débats politiques. Ces questions ne sont pas posées dans les mêmes termes selon les espaces culturels ou elles ont émergé, mais elles sont aujourd’hui toutes marquées par la reconnaissance d’une situation de crise écologique. Face à la généralisation des politiques de protection de l’environnement, la question de la justice (qui protège quoi, mais surtout pour qui et a quel coût?) devient cruciale. Pour nous, il est essentiel de prendre en ligne de compte l’équité et la justice environnementale entre peuples des différents pays. Il est aussi révélateur de situer le contexte dans lequel évolue l’industrie du gaz de schiste, quels sont les us et coutumes de l’industrie, ici et ailleurs dans le monde.

L’Évaluation Environnementale Stratégique (ÉES) sur le gaz de schiste : connaissances acquises et principaux constats de janvier 2014 mentionne que sur le plan social « l’industrie du gaz de schiste accuse un important retard quant à l’adoption de pratiques responsables et ses associations industrielles ne stimulent pas l’excellence des entreprises en la matière. Le caractère volontaire des mesures de responsabilité sociale favorise de grandes disparités de comportements au sein de l’industrie. » Ce constat en dit bien long sur les pratiques de cette industrie lourde. À l’heure actuelle, envisager l’exploitation de combustibles fossiles ne peut se faire sans intégrer les effets des changements climatiques sur les populations les plus pauvres qui sont déjà lourdement touchées, et qui ne bénéficient pas des richesses économiques créées par l’exploitation de ces ressources.

Source: mémoire des AmiEs de la Terre de Québec « Vers une réelle transition énergétique », mai 2014

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