Biblio'Terre (no 54)

De AmiEs de la Terre de Québec.

Dazibao no 54 - Hiver 2008


Pour une nouvelle narration du monde

Riccardo Petrella (Ed. Écosociété)

L’humanité vit une crise sans précédent où le sens est subordonné aux chiffres, où même le respect du vivant s’efface devant les règles économiques. Selon certains, il n’existerait plus aucune alternative au capitalisme, et la globalisation, inéluctable, est un signe de « progrès ». En outre, la complexité du système mondial économique actuel rendrait impossible tout changement. C’est ainsi que de façon imperceptible, nous est imposée une vision marchande du monde, unique et réductrice. Dans cet ouvrage, Riccardo Petrella analyse cette « narration dominante », qu'il nomme « la Théologie universelle capitaliste ». Il démontre que la construction d'un monde différent passe d'abord par l'invention d'une autre façon de voir les choses et de les nommer. La « narration de l'humanité » qu’il propose redéfinit le champ des possibles et réinvente un avenir en modifiant l’ordre des priorités. Il met de l'avant des principes fondateurs d'humanité, de solidarité, de paix, de droit de tous à la vie sur terre – donc déclarer illégale la pauvreté – qui doivent devenir des priorités tout en respectant notre bien commun, la Terre. (176 pages)


Objecteurs de croissance. Pour sortir de l’impasse : la décroissance

Collectif sous la direction de Serge Mongeau (Éd. Écosociété)

Les objecteurs de croissance refusent de se laisser enrôler dans une machine économique vouée à une quête incessante de croissance, rentabilité, productivité. Ajourd’hui, nous ne pouvons plus nier qu’une croissance infinie, objectif de tous nos gouvernements, est impossible sur une planète aux ressources limitées. Si les impacts environnementaux de l’activité humaine sont maintenant reconnus, la population mondiale continue pourtant de produire et de consommer comme si nous disposons d’une planète et demie. À cette crise écologique s’ajoute une kyrielle de crises. Une crise sociale exacerbée par un modèle néolibéral générateur d’inégalités croissantes entre les riches et les pauvres : une crise culturelle, qui renvoie à une perte de sens, de repères et de valeurs au sein de sociétés privilégiant le consumérisme à tout crin. Enfin, conséquence directe des trois précédentes, la crise démocratique se manifeste par un désintérêt inquiétant des citoyens pour le politique, conjugué à une perte de confiance envers les politiciens. Le concept de décroissance dénonce ces crises écologiques, sociales, économiques et démocratiques que nous vivons actuellement tout en étant porteur d’un projet de société solidaire et démocratique. Les auteurEs d’Objecteurs de croissance dressent un état des lieux du concept de décroissance afin de « décoloniser les imaginaires ». Chaque auteurE s’attaque, dans son domaine, à déconstruire les mythes tenaces de la croissance et propose une voie alternative via le concept de décroissance : rompre avec le consensuel mais peu efficace concept de développement durable, tordre le cou à la théorie économique de la rareté, établir une continuité avec la simplicité volontaire. (144 pages)


Porcheries! La porciculture intempestive au Québec

Collectif sous la direction de Denise Proulx et Lucie Sauvé.
Postface d'Hugo Latulippe (Éd. Écosociété)

Véritable ouvrage de référence, Porcheries ! dénonce avec force et détails les impacts sanitaires, environnementaux, sociaux, politiques et économiques de la porciculture. En effet, en se lançant dans une production intensive du porc basée sur l’exportation, le Québec a pris un virage agricole des plus inquiétants. Comment en sommes-nous arrivés là? Le cas porcin révèle les profonds disfonctionnements de l’industrie agro-alimentaire dans un cadre d’économie néolibérale. En faisant de la production porcine un secteur économique clef de l’exportation, les gouvernements successifs du Québec ont façonné un modèle d’intégration verticale hautement subventionné, basé sur la rentabilité et la course au profit. Pourtant, l’industrie du porc est en crise depuis 25 ans, ne parvenant plus à rivaliser avec celles du Brésil, du Chili, du Mexique, de la Chine. Porcheries ! décrit une page noire de l’histoire de l’agriculture québécoise des 40 dernières années. Une agriculture qui s’éloigne dangereusement de son sens premier de culture de la terre et dégrade notre rapport au vivant, à la ruralité, aux animaux. Les auteures dressent un portrait complet de la question, et donnent la parole à différents leaders d’organisations citoyennes, engagées dans ce qu’il est convenu d’appeler la « lutte porcine ». À travers leurs témoignages et leur étude approfondie, les auteures proposent un modèle de production différent, pour un pays vert et bien nourri.. (355 pages)


Le mythe du Québec Vert

François Cardinal

C'est bien connu, les Québécois sont sensibles à l'environnement. Tous les sondages le confirment : « Ici, on est écolo! ». À preuve : notre parti pris pour l'hydroélectricité et, depuis quelques années, pour les éoliennes; notre ferveur à recycler, nos choix de consommation, nos voitures peu énergivores et propres... Faux! Une enquête fouillée du journaliste François Cardinal nous donne l'heure juste : cette verte image qu'ont les Québécois d'eux-mêmes n'est, en réalité, qu'un mensonge. Se fondant sur une analyse minutieuse des statistiques et beaucoup de travail sur le terrain, cet ouvrage démonte point par point le mythe du Québec vert. Une nécessaire remise en question, des conclusions implacables et, surtout, des solutions pratiques et originales qui contribueront à un indispensable réveil des consciences. (192 pages)

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