Nous soutenir
Actualité

Nouveau rapport FAO – le rôle symbiotique des légumineuses pour stimuler l’agriculture durable

Nouveau rapport FAO – le rôle symbiotique des légumineuses pour stimuler l’agriculture durable

COMMUNIQUÉ DE LA FAO

5 décembre 2016, Rome – Selon le nouveau rapport (en anglais) de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, publié aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale des sols, «Sols et légumineuses, une symbiose vitale», les sols et les légumineuses, en particulier lorsqu’ils sont associés, peuvent aider à relever les défis portant sur la stratégie à adopter afin de nourrir une population mondiale croissante et dans la lutte contre le changement climatique.

«Les sols et les légumineuses offrent une symbiose unique qui protège l’environnement, améliore la productivité, contribue aux efforts visant à s’adapter au changement climatique et fournit des nutriments essentiels aux sols et aux autres cultures», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

Les légumineuses sont des cultures résilientes sur le plan environnemental qui offrent des aliments très nutritifs aux populations et des nutriments essentiels aux écosystèmes biologiques. De leur côté, les sols, des ressources non-renouvelables, sont indispensables à la vie végétale et comptent pour 95 pour cent de l’approvisionnement alimentaire mondial.

Les légumineuses telles que les lentilles, les haricots secs et les pois chiches sont des plantes fixatrices d’azote qui peuvent être bénéfiques pour les sols, en améliorant leurs conditions de croissance ainsi que celles des autres plantes. En moyenne, les récoltes des céréales cultivées après les légumineuses sont plus abondantes, 1,5 tonne supplémentaire par hectare (soit l’équivalent de 100 kilos d’engrais azoté) que celles qui n’ont pas été précédées par des légumineuses.

Le nouvel ouvrage détaille les différentes manières dont les légumineuses et les sols peuvent se révéler être des «alliés stratégiques» afin de parvenir à une alimentation et à des systèmes agricoles plus durables.

Plus tôt dans la journée, le Conseil de la FAO, qui représente les Etats membres de l’Organisation, a approuvé les Directives volontaires pour la gestion durable des ressources en sols, un ensemble de recommandations politiques et techniques visant à protéger la plus importante réserve de carbone terrestre au monde. Ces directives, qui seront mises en œuvre à tous les niveaux, seront indispensables afin de favoriser la gestion durable des sols et d’en améliorer la santé.

Alors que l’éducation à la gestion durable des sols est en pleine expansion, l’Institut géographique Agustin Codazzi de Colombie a été aujourd’hui récompensé par le tout premier prix mondial des sols Glinka. L’institut œuvre depuis longtemps à promouvoir la gestion durable des sols en Colombie et le développement des capacités des scientifiques en Amérique Latine. Alors que la Colombie connaît actuellement une situation d’après conflit, son rôle est essentiel dans le processus visant à faciliter l’attribution des sols dans le cadre du programme de restitution des terres.

 

Les légumineuses à la ferme

Un tiers des sols dans le monde sont à présent considérés comme étant dégradés, et ce, pour de multiples raisons telles que l’acidification, la salinisation, l’érosion et l’urbanisation. Ils représentent une source d’inquiétude pour les populations locales, en particulier en raison du caractère indispensable des nombreux services écosystémiques qu’ils rendent.

Intégrer les légumineuses dans des techniques agricoles telles que les cultures intercalaires, les cultures de couverture et la rotation des cultures peut contribuer à restaurer la santé des sols. Les légumes, qui font partie de la famille des légumineuses, ont besoin de moins de nutriments que les autres pour pousser et fournissent en plus de l’azote, des phosphates solubles et d’autres composants essentiels aux sols.

Selon le rapport, «les légumineuses sont les architectes de la santé des sols».

Elles contiennent des bactéries spéciales en provenance du sol leur permettant de fixer l’azote de manière biologique, un procédé naturel qui coûterait autrement 10 milliards de dollars d’engrais synthétiques supplémentaires chaque année. Elles contribuent également au piégeage du carbone dans le sol et permettent une meilleure filtration des eaux.

Actuellement, le monde perd ses sols 10 à 20 fois plus vite qu’ils ne se reconstituent, une tendance que les légumineuses peuvent compenser. Le report prend l’exemple de l’Inde, où la culture des pois cajans a réduit les infiltrations des sols et l’érosion de plus de 59 pour cent.

De plus, les légumineuses, dont les systèmes racinaires stimulent leur résilience en période de sécheresse, sont de nature «intelligentes face au climat, car elles s’adaptent automatiquement au changement climatique et contribuent à atténuer ses effets» en améliorant la capacité du sol à piéger le carbone.

Dans les vastes champs de blé canadiens, le deuxième plus grand producteur de légumineuses au monde et principal exportateur, l’introduction des légumineuses dans les systèmes de rotation des cultures a réduit par deux tiers le besoin d’avoir recours à de l’azote de synthèse, soulignant ainsi le rôle important que les légumineuses peuvent jouer dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Les légumineuses dans l’assiette

Les légumineuses sont un allié essentiel pour lutter contre la faim, l’insécurité alimentaire, la malnutrition et augmenter les sources de revenus en milieu rural, autant de points essentiels du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Elles contiennent davantage de protéines, souvent trois fois plus que le riz ou le manioc et les céréales de base. Les légumineuses regorgent également d’importants minéraux qui sont bons pour la santé dont le fer, le magnésium, le potassium, le phosphore et le zinc.

Les légumineuses offrent également d’autres atouts pour la santé, notamment une forte teneur en vitamine B, elles contiennent très peu de graisses, pas de cholestérol et ont un faible index glycémique. Pauvres en calories, elles sont néanmoins riches en glucides complexes et en fibres alimentaires.

Le fourrage issu des légumineuses est également bénéfique pour le bétail. Ajouter du foin de niébé au riz aide les vaches ouest-africaines à grandir 50 fois plus vite.

Une utilisation stratégique et personnalisée de la synergie entre les légumineuses et le sol nécessitera une collecte de données plus détaillée sur les sols. A travers le Partenariat mondial sur les sols, la FAO conduit les efforts internationaux visant à améliorer la quantité et la qualité des données portant sur les sols, en mettant notamment en place un système d’information mondial sur les sols, également indispensable pour assurer le suivi de leur gestion durable.

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailFacebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Tagged: , ,