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Chronique – Marché du Vieux-Port : les citoyenNEs de Québec veulent le conserver !

Chronique – Marché du Vieux-Port : les citoyenNEs de Québec veulent le conserver !

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a annoncé, ce printemps, que le Marché du Vieux-Port serait déménagé vers ExpoCité. Cette annonce de fermeture de ce marché coïncide avec la diffusion par les médias, en avril dernier, des conclusions du rapport du groupe de travail sur l’avenir d’ExpoCité, présidé par Daniel Gélinas. Il y était notamment proposé d’y aménager un marché public.

Contexte et conséquences

La fermeture du Marché du Vieux-Port et l’annonce de l’ouverture d’un autre Marché à ExpoCité semblent incompréhensibles pour la plupart d’entre nous. Il y a quelques mois, une citoyenne avait lancé une pétition réclamant le maintien du Marché du Vieux-Port sur son emplacement actuel. Cette pétition a été reprise par des groupes qui ont constitué une coalition afin d’atteindre cet objectif.

À la mi-juillet, 11 000 personnes avaient déjà signé cette pétition. Plusieurs acteurs se sont déjà prononcés dans le même sens dont la Société de développement commercial du Vieux-Québec, le Comité des citoyens du Vieux-Québec ou les Ami(e)s de la terre de Québec, par exemple.

Quant aux restaurateurs du Vieux-Port, ils estiment que le Marché représente un élément essentiel, tant pour la vie du quartier dans lequel ils sont implantés que pour le fonctionnement optimal de leur entreprise. Enfin, le Marché du Vieux-Port est aussi un attrait touristique très fréquenté et apprécié par les gens de la région et par les touristes provenant de l’extérieur de celle-ci – songeons par exemple aux plus de 180 000 croisiéristes dont une bonne partie visite le Marché et peut acheter des produits divers.

Fermer le Marché du Vieux-Port c’est mettre un terme à des services de proximité facilement accessibles à pied pour les résidents du quartier. Des tels services représentent un gage de qualité de vie pour les citoyens et pour plusieurs acteurs du secteur. Ils sont d’autant plus importants puisque le marché constitue un des rares points de commerce alimentaire convivial dans le quartier.

Également, le Marché est un commerce économiquement viable : les producteurs y offrent des produits et s’inscrivent dans la tendance forte des consommateurs de privilégier les achats locaux. Le Marché représente un attrait touristique indéniable qui contribue à la mise en valeur des produits du terroir et au dynamisme économique de l’ensemble du centre-ville. Il faut souligner que les gens de Québec semblent éprouver un attachement certain pour le Marché du Vieux-Port et vouloir qu’il y demeure. Est-ce que cet attachement sera pris en compte par les décideurs de la Ville de Québec? C’est à espérer parce que ça va dans le sens de maintenir en fonction une organisation efficace et rentable.

Peut-on sérieusement penser que des touristes qui proviennent de l’extérieur de la Ville de Québec se rendraient à ExpoCité afin de visiter un endroit où le contact avec le producteur local pourrait en être carrément absent?

Un lien entre cette décision et le projet du Port de Québec?

Le président-directeur général du Port de Québec a annoncé il y a plusieurs semaines maintenant le projet que le Port mettait de l’avant pour le Bassin Louise, soit le développement d’un quartier portuaire où il était question d’un hôtel, de condos, de boutiques, etc.

Ce projet suscite de très nombreuses questions, sur les responsabilités respectives des acteurs dans un tel projet. Ainsi, une administration portuaire pourrait-elle confier à une chambre de commerce la sélection des promoteurs qui assumeraient la réalisation du projet du Port? Est-ce qu’il n’y aurait pas là conflit d’intérêts ou, à tout le moins, apparence de conflit d’intérêts? Quel serait le rôle de la Ville de Québec dans le développement d’un tel quartier? Est-ce que la Ville n’abandonnerait pas trop facilement son rôle à cet égard?

De plus, le projet du Port de Québec qui serait réalisé sur des terrains contaminés, selon les arguments présentés par la Ville pour justifier la fermeture du Marché du Vieux-Port, pourrait s’avérer fort coûteux pour sa réalisation. C’est donc dire que les condos envisagés pourraient s’avérer fort coûteux et les boutiques prévues générer d’importants revenus pour faire face aux coûts inhérents à l’occupation des espaces.

Enfin, j’ai crû comprendre que le projet du Port semble ignorer que bien des pistes cyclables du grand Québec convergent vers le Vieux-Port. Est-ce que ces pistes seraient profondément modifiées si le projet était réalisé tel que présenté? Ce serait ignorer l’importance stratégique du transport actif tant pour la santé de la population que pour la lutte aux gaz à effets de serre.

Des citoyens qui s’organisent

Les citoyens ont décidé de mettre sur pied une coalition pour faire valoir la pertinence des revendications concernant le maintien d’un marché dans le Vieux-Port auquel ils tiennent beaucoup. Un comité exécutif provisoire a été désigné, lors d’une rencontre le 13 juillet dernier. Son porte-parole est Patrick Op de Beek, le propriétaire du bistro Le Véravin. Quatre autres membres de la coalition ont aussi été nommés.

Toutes les bonnes volontés sont nécessaires pour faire valoir la pertinence du maintien du Marché dans le quartier du Vieux-Port. Vous pouvez signer la pétition pour le maintien du Marché du Vieux-Port de Québec. Les clients de bien de restaurateurs peuvent également le faire. Pour être membre de la coalition, il faut remplir  le formulaire suivant et l’envoyer à l’adresse courriel : coalitionmarche@yahoo.ca

 

Chronique écrite par Nicole Moreau, membre de la Coalition pour le Marché du Vieux-Port.

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